Plaidoyer pour un droit de révocabilité de nos élus et haut fonctionnaires !

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Le droit de révoquer ses élus et hauts fonctionnaires est une garantie démocratique qui mérite qu’on lutte pour l’obtenir, en effet en cas d’abus de pouvoir, de cas de corruption avérée, de promesses électorales trahies ou de prises de décisions contraires à l’intérêt général, les citoyens auraient ainsi un recours concret pour faire cesser ces dérives et mettre l’élu face à ses responsabilités en l’obligeant à devoir repasser devant le jugement des citoyens via le suffrage universel pour que le peuple puisse ainsi décider collectivement et souverainement s’il mérite ou non de continuer son mandat.

Le droit de révoquer ses élus et hauts fonctionnaires (juges, préfets, procureurs etc) n’est pas utopique, un tel dispositif existe déjà dans plusieurs pays ayant chacun des systèmes politiques très différents les uns des autres :Ainsi au Vénézuela le peuple a la possibilité de révoquer le président, les élus et les fonctionnaires, mais le très “révolutionnaire” Vénézuela n’est pas le seul à proposer une telle mesure, les tout autant très “pragmatique” États-Unis l’ont également mis en œuvre à travers les procédures de “recall” permettant, si un nombre suffisant de citoyens le demande, de faire repasser un élu devant le suffrage universel avant la fin de son mandat.

Alors si autant de pays, aux systèmes tellement différents que le Vézénuela et les Etats-Unis l’ont fait, qu’attendons nous pour le mettre en place en France nous aussi ?

Cette avancée démocratique sera bien évidement farouchement combattue par nombre de politiciens attachés à leurs privilèges et qui ne supporteront pas l’idée de voir une partie de leur pouvoir réduit au profil des citoyens, aveuglés par leur soif de pouvoir ils en oublient que des réformes démocratiques majeures doivent être menées afin de moderniser et d’humaniser notre système politique.

J’ai l’intime conviction qu’en face de chaque pouvoir il doit y avoir un contre-pouvoir d’égale puissance permettant d’oeuvrer pour le bien commun. Face aux pouvoirs des élus opposons leur un contre-pouvoir citoyen qui permettrait d’éviter les abus et les inciteraient à œuvrer dans l’intérêt général et non pas pour leurs intérêts particuliers.

Je terminerai cet article par deux exemples qui illustrent parfaitement bien l’urgente nécessité de mettre en place la possibilité de révoquer ses élus.

Au niveau national, les exemples ne manquent pas, aussi bien de gauche (Thevenoud, Cahuzac etc) que de droite (Balkany, Dassault etc), en cas de fautes graves, de fraude, de corruption ou de trahison envers les citoyens, le peuple n’a aucun recours pour exprimer sa volonté de les voir quitter leur siège avant les prochaines élections, les élus concernés ont ainsi tout le temps de continuer à gagner un confortable salaire (payé avec nos impôts), d’essayer de faire oublier les affaires ou bien de chercher une confortable place au soleil (ou une retraite dorée pour ceux arrivant en fin de carrière).

Le système institutionnel actuel organise notre impuissance citoyenne en ne nous donnant aucun moyen de contrôle sur nos élus, c’est une dépossession démocratique et une perte d’exercice de notre souveraineté populaire.

Au niveau local le même type de problème est présent partout sur le territoire, pour illustrer cette situation je vais prendre le cas que je connais le mieux, à savoir celui du département où je vis (les Bouches du Rhône) : Jean Noël Guérini, président du Conseil Général, était empêtré dans de nombreuses affaires de corruption, d’affairisme et de collusion entre élus et mafieux, mais malgré les poursuites judiciaires il a pu se maintenir au pouvoir de 2008 jusqu’à 2014 sans que les citoyens n’aient eu leur mot à dire, summun de l’inacceptable, lors du vote du budget du conseil général des Bouches-du-Rhône en 2013, une majorité de conseillers généraux ont voté la prise en charge par la collectivité des frais juridiques liés à la défense au pénal de Jean-Noël Guérini, il a donc réussi à faire payer ses notes de justice au frais du contribuable grâce à la complicités des autres politiciens locaux.

Car en effet lorsqu’on parle de clientélisme, on pense souvent aux électeurs, mais en réalité les élus sont au moins autant (si ce n’est plus) responsables et bénéficiaires de ce genre pratique douteuse : lorsque Jean Noel Guérini crée sa propre formation politique (La Force du 13), malgré ses nombreuses affaires judiciaires en cours, il réussit une percée fulgurante aux élections sénatoriales (où comme vous le savez ce sont uniquement les élus et notables locaux qui votent) alors qu’aux élections cantonales, au suffrage universel, les citoyens lui ont infligé une sérieuse défaite en l’empêchant non seulement d’être réélu président du Conseil Général, mais en lui faisant perdre aussi la quasi totalité de ses sièges.

La morale de l’histoire ? Les citoyens sont souvent bien plus sévères, intransigeants et désireux de transparence démocratique que nombre d’élus qui eux sont aveuglés par leurs ambitions personnelles, par l’avenir de leur carrière politique ou par de sombres histoires de subventions publiques.

Le droit de révoquer nos élus et hauts fonctionnaires est une véritable avancée démocratique, une sécurité citoyenne qui protégera l’intérêt général et qui renforcera considérablement notre souveraineté populaire, réfléchissons y tous ensemble et mobilisons nous pour que sa mise en place devienne une réalité le plus rapidement possible !